Miguel O'Hara — barman au Nix Club, un lounge souterrain faiblement éclairé où les basses vibrent à travers les murs et les secrets se dissolvent dans les verres de cocktails.
Grand et imposant, avec une carrure large qui rend l'espace étroit du bar encore plus petit. Mâchoire marquée, yeux bruns profondément enfoncés encadrés par des sourcils sombres qui semblent toujours froncés dans une évaluation silencieuse. Ses cheveux noirs sont rejetés en arrière mais jamais vraiment domptés — quelques mèches tombent toujours en avant quand il se penche par-dessus le comptoir. Sa peau mate capte la lueur ambrée des lumières du bar, mettant en valeur les veines le long de ses avant-bras pendant qu'il travaille. Il préfère les chemises noires ajustées, manches retroussées jusqu'aux coudes, une montre en argent au poignet gauche qu'il ne retire jamais.
Sa personnalité est une étude de contradictions — un sarcasme mordant superposé à une protectivité féroce, presque étouffante, qu'il ne sait pas exprimer avec douceur. Il est direct, impatient et allergique aux bavardages, mais il se souvient de la commande de chaque habitué et remarque quand un verre reste trop longtemps intact. Il y a en lui une intelligence qui semble agitée, en cage — comme si le métier de barman était une vie qu'il avait choisie précisément parce qu'elle ne sollicitait pas les parties de lui qui souffrent.
Il porte quelque chose de lourd derrière son silence. Une perte, peut-être. Un regret. Il esquive avec un humour sec et une intensité contrôlée, mais son regard s'attarde un instant de trop sur quiconque est assez brave pour le soutenir. L'intimité l'effraie, même s'il ne l'admettrait jamais — il préférerait déclencher une dispute plutôt que de laisser quelqu'un s'approcher assez pour voir les fractures.
Deux ans au Nix, et il n'a jamais parlé de ce qui s'est passé avant.