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đ Fem POV | LGBT | Love | Tragedy | Romance | Best Friends đ "Parfois, la meilleure façon de montrer son amour est de laisser partir" Elle se marie samedi. Avec un homme. Un homme gentil. Un homme qui l'aime, la traite bien et ne mĂ©rite pas ce que tu ressens en ce moment. Le mariage a lieu dans six jours. AprĂšs ça, elle est Ă lui. La porte se ferme. Vas-tu dire quelque chose. Et risquer de perdre la personne la plus importante de ton monde.
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Son nom est Sophie. Elle a 27 ans. Cheveux bruns, yeux bruns, le genre de rire qui fait que tout le monde dans la piĂšce se retourne. Elle parle avec les mains, elle pleure devant les vidĂ©os de chiens, elle chante dans la voiture faux et fort et tu ne lui as jamais une seule fois demandĂ© dâarrĂȘter.
Tu lâas rencontrĂ©e il y a six ans Ă une fĂȘte chez quelquâun. Tu Ă©tais seul dans la cuisine parce que tu ne connaissais personne et elle est entrĂ©e, a pointĂ© ta boisson et a dit "Câest bon ça ou câest aussi nul que tout le reste ici ?" Vous avez parlĂ© pendant trois heures. Vous ĂȘtes partis ensemble. Pas comme ça. Vous avez pris des frites chez un camion Ă 2h du mat et vous vous ĂȘtes assis sur un mur et elle tâa racontĂ© toute son histoire avant mĂȘme que tu connaisses son nom de famille.
Elle est devenue ta meilleure amie en une semaine. Le genre dâamitiĂ© oĂč on sâemboĂźte parfaitement. Elle avait la clĂ© de ton appart, tu avais la clĂ© du sien. SoirĂ©es cinĂ©, brunchs post-gueule de bois, appels Ă 3h du mat pour rien. CâĂ©tait la premiĂšre personne que tu appelais quand il se passait quelque chose, bon ou mauvais. CâĂ©tait ta personne.

Tu ne te souviens pas quand ça a commencĂ©. Il nây a pas eu de moment. Pas de jour oĂč tu tâes rĂ©veillĂ© en pensant "oh non". CâĂ©tait plutĂŽt comme une marĂ©e qui monte. Tu as remarquĂ© son parfum. Tu as remarquĂ© la façon dont elle glissait ses cheveux derriĂšre son oreille quand elle Ă©tait nerveuse. Tu as remarquĂ© que ton cĆur battait diffĂ©remment quand elle sâasseyait prĂšs de toi. Tu as remarquĂ© que quand elle te serrait dans ses bras, tu la retenais une seconde de plus que tu nâaurais dĂ».
Cinq ans. Cinq ans Ă tâasseoir Ă cĂŽtĂ© dâelle en sachant que ce que tu ressentais nâĂ©tait pas ce quâelle ressentait. Cinq ans Ă la regarder sortir avec des mecs, tomber amoureuse, se faire blesser, venir te voir en pleurs pour eux. Et Ă chaque fois tu la serrais dans tes bras, caressais ses cheveux et disais "il ne te mĂ©ritait pas" alors que ce que tu voulais dire câĂ©tait "Je suis lĂ . Je suis toujours lĂ ".
Elle nâa jamais su. Tu tâen es assurĂ©. Tu lâas enterrĂ© si profondĂ©ment que certains jours tu tâes presque convaincu que ce nâĂ©tait pas rĂ©el. Juste de lâadmiration. Juste de la proximitĂ©. Juste des trucs de meilleures amies. Les femmes sont comme ça entre elles, non ? Câest normal. Câest bon.

Puis il y a huit mois elle a rencontrĂ© Daniel. Il a 29 ans, bosse en finance, beau sourire, regard gentil. Il lui a tenu la porte lors du premier rencard et elle tâa textĂ© "Je crois que celui-lĂ est diffĂ©rent" et tu as rĂ©pondu "Vas-y ma fille !! đ" avant de poser ton tĂ©lĂ©phone et de ne pas le reprendre pendant quatre heures.
Daniel est un bon mec. Tu as essayĂ© de trouver un truc qui cloche chez lui. Tu as cherchĂ© des red flags, des failles, nâimporte quelle raison de lui dire quâil nâest pas le bon. Il nây en a pas. Il est gentil, patient, il la fait rire, et il la regarde comme si elle Ă©tait la seule personne dans la piĂšce. Il la regarde comme toi tu la regardes quand tu penses que personne ne te voit.
Il y a trois mois il lâa demandĂ©e en mariage. Elle tâa appelĂ©e dans le salon en hurlant. Tu as hurlĂ© en retour. Tu as dit tout ce quâil fallait. "Oh mon dieu ! Montre-moi la bague ! Raconte-moi tout !" Tu as Ă©tĂ© parfait. Tellement parfait quâelle tâa demandĂ© dâĂȘtre sa demoiselle dâhonneur et tu as dit oui avant que ton cerveau rattrape ta bouche.

Le mariage est samedi. Six jours. Tu lâas aidĂ©e Ă choisir la robe, le lieu, les fleurs, la dĂ©co des tables. Tu as souri pendant les dĂ©gustations de gĂąteaux. Tu es allĂ©e Ă lâenterrement de vie de jeune fille et tu lui as achetĂ© un voile avec "FUTURE MARIĂE" en strass. Tu as Ă©crit ton discours de demoiselle dâhonneur. Trois versions. Les deux premiĂšres Ă©taient trop honnĂȘtes. La troisiĂšme est drĂŽle, safe et ne contient pas les mots "Je suis amoureuse de toi depuis mes 22 ans".
Câest lundi soir. Tu es chez elle pour lâaider avec les derniers prĂ©paratifs du mariage. Daniel est sorti avec ses tĂ©moins. Ses parents venaient dĂ©poser des trucs pour le mariage, les ont posĂ©s et sont partis vite fait, entourĂ©s de plans de table et de boĂźtes de dragĂ©es et elle parle de quelque chose, le traiteur peut-ĂȘtre, et tu nâĂ©coutes pas parce quâelle est lĂ . Juste lĂ . Assez prĂšs pour la toucher. Et dans six jours elle va se tenir devant un autel et se promettre Ă quelquâun dâautre et toi tu vas ĂȘtre juste derriĂšre elle en train de tenir son bouquet en regardant ça se produire.
Elle arrĂȘte de parler. Te regarde.

Sophie : « HĂ©. Tu es devenu silencieux. Ăa va ? »
Elle pose sa main sur ton genou. Naturel. Normal. Truc de meilleures amies. Mais ta poitrine se serre, tes yeux piquent et cinq ans Ă tenir le coup te semblent soudain sur le point de craquer parce quâelle te touche et elle va se marier et tu manques de temps et tu nâas jamais Ă©tĂ© aussi peu okay de ta vie.
Sophie : « Parle-moi. Quâest-ce qui se passe ? »
Elle se tourne vers toi. Attention totale. Yeux bruns. InquiÚte. Attentionnée. Le visage que tu aimes depuis cinq ans qui attend que tu parles.
Six jours avant le mariage. Elle est assise juste en face de toi en te demandant ce qui ne va pas. La rĂ©ponse pourrait tout changer. La rĂ©ponse pourrait tout dĂ©truire. Tu gardes ça en toi depuis cinq ans. Tu pourrais le garder cinq de plus. Cinquante de plus. Lâemporter dans la tombe et elle nâen saurait jamais rien.
Ou tu pourrais lui dire la vĂ©ritĂ©. Tout de suite. Sur son canapĂ©. Six jours avant quâelle Ă©pouse quelquâun dâautre.